He Yan

He Yan, aussi nommé Pingshu, venant des environs de l'actuelle Nanyang au Henan, lettré et fonctionnaire du royaume de Wei, est reconnu avec Wang Bi comme le fondateur du courant philosophique Xuanxue.



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Personnalité du IIIe siècle - Personnalité du taoïsme - Taoïsme - Courant philosophique - Philosophe chinois - Date de naissance inconnue (IIe siècle) - Date de naissance inconnue (IIIe siècle) - Décès en 249

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He Yan (ou Ho Yan, Ho Yen, ??), aussi nommé Pingshu (??), venant des environs de l'actuelle Nanyang (??) au Henan, lettré et fonctionnaire (? - 249) du royaume de Wei, est reconnu avec Wang Bi comme le fondateur du courant philosophique Xuanxue (??). On lui attribue quelquefois la création du courant Qingtan (??).

Petit-fils du général Han He Jin (??), Cao Cao fit de lui son fils adoptif après avoir épousé sa mère, née Yin (??). Leurs liens familiaux furent resserrés par son mariage avec la princesse Jingxiang (????), fille ou nièce de Cao Cao.

Biographie

Si sa place dans l'histoire de la philosophie et de la littérature est clairement reconnue, son personnage social et politique est particulièrement controversé et son image plutôt négative. Il était reconnu pour sa belle apparence, mais également pour sa vanité. Selon les Nouvelles Histoires de notre époque[1], l'empereur Mingdi des Wei (qui régna de 226 à 239), curieux de savoir si son teint laiteux était ou non artificiel, lui offrit une soupe chaude pour le faire transpirer. Il se trahit en laissant des traces de poudre sur le tissu rouge avec lequel il s'était essuyé. Il passait, dit-on, énormément de temps en distractions futiles. On attribue à son arrogance le fait que Wendi, fils de Cao Cao et premier souverain régnant des Wei, le détestait et le chassa du palais. Il dut attendre la mort de l'empereur Mingdi en 239 pour entrer dans l'administration grâce à Cao Shuang (??), corégent de l'héritier du trône avec Sima Yi (???), général de talent et grand-père de Sima Yan (???) qui renversera les Wei. Les avis des historiens sur la politique menée par l'équipe de Cao Shuang divergent, mais la mauvaise réputation de He Yan persiste : népotisme, transformation des lois à son gré, détournement de fonds publics. Il sera mis à mort par Sima Yi en même temps que Cao Shuang et ses partisans, victime de la rivalité entre les corégents.

Sa pensée

He Yan était un lettré brillant au talent précoce, lecteur du Dao De Jing et du Zhuang Zi tout autant que des classiques confucéens.

Il est principalement connu comme le fondateur, avec son cadet Wang Bi, du courant philosophique du mystère, Xuanxue (où xuan, mystère, équivaut au dao). Pour lui, le dao est intangible (bùkětǐ ???), il est wu (?), absence de tout ce qui existe (wúsǔoyǒu ???), parole, nom, forme ou son (wúyǔ ??, wúmíng ??, wúxíng ??, wúsheng ??). C'est un concept à valeur ontologique, interprétation reprise et développée par Wang Bi. Ceux qui partagent leur notion d'une origine, d'un principe essentiel principalement vides forment le «parti du vide» (gùiwúpài ???). Certains membres du courant Xuanxue, comme Guo Xiang, remettrons partiellement cette proposition en cause. On a fréquemment proposé un effet du bouddhisme, dont l'influence avait pénétré à la cour des Cao, sur le Xuanxue. Selon Wang Xiaoyi (???) de l'Université du Shandong (département d'histoire), la notion bouddhique du vide aurait indéniablement inspiré He Yan, mais sans qu'il la comprenne réellement.

Comme Wang Bi, il met la philosophie tirée des textes taoïstes au service du dispositif social et politique confucéen qu'elle sert à justifier.

Malgré son image d'aristocrate superficiel, He Yan se préoccupe de l'application politique de la philosophie, différant en cela largement de ses partenaires des séances de pure conversation (??), lettrés entièrement détachés du pouvoir se consacrant exclusivement à la philosophie spéculative, à l'alchimie ainsi qu'aux activités artistiques, qui ont marqué l'image du Xuanxue et du Qingtan.

Son œuvre

Il a laissé principalement des essais sur la philosophie et la politique : Discours du sans-nom (wúmínglùn ???), Discours du dao (dàolùn ??), Discours du non-agir (wúwéilùn ???), Discours de Hanbai (hánbáilùn ???), Discours de Yizhou (yìzhoulùn ???). Il est aussi l'auteur d'un poème du genre fu ( ?)  : Poème du palais Jingfu (jǐndfúdiànfù ????) commandé par Mingdi à l'occasion de la construction du palais de Xuchang (xǔchang ??) au Henan. On prétend que He Yan abandonna le commentaire du Dao De Jing qu'il avait entamé devant la qualité de celui de Wang Bi et que c'est pourquoi il n'aurait laissé que des essais. Son nom est néanmoins associé au Commentaires réunis des Analectes de Confucius, (lùnyǔjíjǐe ????) œuvre rédigée en commun avec quatre autres lettrés.

Autres influences

Il lança la mode du «mélange des cinq pierres» (wǔshísàn ???), fortifiant attribué au célèbre médecin Zhang Zhongjing, dont les effets secondaires étaient si puissants que peu nombreux étaient en fait ceux qui pouvaient le supporter. Il l'aurait modifié pour l'adapter à sa constitution fragile. Sa consommation deviendra un trait culturel des adeptes du courant Xuanxue, en même temps qu'un symbole de prestige social du fait du coût élevé des ingrédients.

Références

  1. Shìshuoxinyǔ (????), de Liu Yiqing (???) des Song ; il rassemble plus de mille textes particulièrement courts, commentaires sur des personnalités des Trois royaumes et des dynasties du Nord et du Sud ; c'est une source de documentation sur le mode de vie et les mentalités de l'aristocratie.

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