Louis Marin

Né le 22 mai 1931 à La Tronche et décédé le 29 octobre 1992 à Paris, Louis Marin est un philosophe, historien, sémiologue et critique d'art français du XXe siècle.



Catégories :

Philosophe français - Historien de l'art - Sémiologie - Ancien élève de l'École normale supérieure (rue d'Ulm) - Critique littéraire français - Structuralisme - Courant philosophique - Théoricien de la littérature - Enseignant à l'École des hautes études en sciences sociales

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Louis Marin (1931-1992), directeur d'études à l'EHESS, a consacré principale partie de ses travaux à l'interprétation des textes et des images du ... (source : editions.ehess)
  • Louis Marin. Education. May 22, 1931 Born at La Tronche (Isère). 1952 Licence in Philosophy, University of Paris, Sorbonne. 1953 Agrégé in Philosophy... (source : lib.uci)

Né le 22 mai 1931 à La Tronche et décédé le 29 octobre 1992 à Paris, Louis Marin est un philosophe, historien, sémiologue et critique d'art français du XXe siècle.

Formation[1]

Vie professionnelle

Œuvre et pensée de Louis Marin

Classicisme et modernité

L'œuvre de Louis Marin, diverse et profuse, peut être définie comme une histoire des dispositifs sémiotiques, comme l'indiquait le titre de son cours à l'EHESS ; elle peut être reconnue plus exactement comme une analyse politique de la représentation. Elle consiste pour une grande part en une relecture à la fois sémiologique et politique du XVIIe siècle français, moment essentiel, "classique", de la théorie de la représentation. L'œuvre de Louis Marin se veut, par ce détour, une mise à jour des tensions, des opacités et des apories qui habitent la représentation et la théorie du signe classiques (formulée surtout dans la Logique de Port-Royal), apparemment à rebours de la Modernité qui en avait fait le lieu d'une pure transparence et s'était établie exactement par son refus du primat classique de la représentation. En utilisant néanmoins les procédés d'analyses les plus modernes, principalement les outils de la linguistique de l'énonciation et de la pragmatique, et d'autre part pénétré des analyses politiques de cette même Modernité, ainsi de la thèse de Max Weber de l'État comme revendiquant le «monopole de la violence légitime», Marin réinscrit le XVIIe siècle français dans une genèse de la Modernité et restitue des problématiques oubliées ou déniées, qui éclairent singulièrement en retour la pensée moderne du signe, de la représentation et du pouvoir.

Signes du pouvoir, pouvoirs des signes

Son point de départ réside dans une analyse croisée de la Logique ou l'art de penser de Port-Royal, rédigée par Antoine Arnauld et Pierre Nicole, et des Pensées de Pascal, analyse qui fait l'objet de sa thèse de doctorat, publiée en 1975 sous le titre de La critique du discours. La Logique, revisitée par la linguistique pragmatique dans les années 1960-1970, développe une théorie du signe linguistique dont, selon Louis Marin, Pascal mène la critique interne à Port-Royal, examinant ses conditions de possibilités et mettant à jour ses apories. Par conséquent, comparé aux sémiologues et linguistes contemporains, Louis Marin occupe une place particulièrement un peu décalée, non seulement par cette démarche historienne, mais en particulier par cet examen critique, au sens presque kantien du terme, que la référence à Pascal sert à mener au sujet d'un des textes fondateurs de la linguistique et de la sémiologie des années 1970. Le Portrait du roi met cette fois-ci l'accent sur la théorie pascalienne du signe pour en examiner plus avant les enjeux politiques, à partir de quelques fragments de la liasse V des Pensées, "Raison des effets" : Pascal permet ainsi à Louis Marin de théoriser conjointement les pouvoirs des signes et les signes du pouvoir, plus précisément d'examiner comme chiasme, échange, la relation entre les signes et les pouvoirs, vers une analyse politique du signe (les pouvoirs qu'exercent les signes sur les sujets qui en sont les destinataires, et qui sont par eux assujettis), réversible en analyse sémiologique du pouvoir (le pouvoir, davantage qu'une instance autonome, est l'effet, le produit d'un ensemble de signes ainsi cœrcitifs ou fascinant). Louis Marin examine dans la suite du Portrait du roi des analyses convergentes de la relation entre signes et pouvoirs chez La Fontaine, Racine, Perrault, et le Pascal des Trois discours sur la condition des Grands ; Le récit est un piège se concentre dans la même perspective à un objet sémiotique spécifique, le récit, toujours sur ces quelques auteurs du XVIIe siècle français, au long de commentaires extrêmement méticuleux de fables, contes, récits, discours.

Sémiologie de la peinture

Fort logiquement, le travail de Louis Marin s'ouvre assez rapidement sur les signes picturaux, sur la représentation de peinture et sa théorie au XVIIe siècle, en particulier chez Poussin, Caravage et Philippe de Champaigne, avec les mêmes postulats et la même démarche minutieuse et attentive aux détails des œuvres. On retrouve dans son attention à la peinture le même dialogue entre classicisme et modernité, étant donné que Louis Marin écrit un ouvrage sur un peintre contemporain, Jean-Charles Blais, en sus de ses articles et ouvrages sur les peintres classiques.

L'écriture de soi

Plus marginale mais néanmoins récurrente dans son œuvre, la question de l'autobiographie, qui est celle de la représentation que le sujet produit de lui-même, de son apparente transparence et des opacités d'une énonciation problématique, ou alors impossible (comment faire le récit de sa propre vie, qui suppose distance et écart à soi-même, ou alors l'achèvement de cette vie, c'est-à-dire la mort de l'énonciateur ?). C'est à partir de quelques textes de Montaigne, Rousseau, mais en particulier Stendhal, que Louis Marin examine ces questions dans La voix excommuniée et L'écriture de soi. La perspective est proche sur certains points de celle, structuraliste, de Philippe Lejeune dans Le pacte autobiographique (approche fermement textuelle, en termes d'effets et de contrats de lecture), mais s'en différencie nettement par un questionnement plus philosophiques et en particulier par l'accent mis sur les paradoxes énonciatifs du genre autobiographique. C'est ce qui distingue Louis Marin de ses contemporains ou immédiats prédécesseurs dits structuralistes : à l'endroit où ceux-ci envisagent le texte comme structure close, Louis Marin, par cette attention à son fonctionnement énonciatif, réintroduit le dynamisme d'écriture et de lecture du texte (comme, d'ailleurs, de la peinture). On a pu ainsi intégrer Louis Marin à la catégorie des penseurs "post-structuralistes", catégorie légèrement floue davantage utilisée aux Etats-Unis qu'en France, mais qui à son sujet rend compte à la fois d'un moment critique du structuralisme, qui en retient les leçons mais en interroge les présupposés.

L'héritage de Louis Marin

Louis Marin bénéficie d'une moindre notoriété que certains de ses contemporains et amis, comme Jacques Derrida, Jean-François Lyotard ou Michel de Certeau ; ce moindre statut est certainement l'effet de ce que les ouvrages de Louis Marin paraissent moins œuvres de philosophie que commentaires de textes littéraires et philosophiques, et qu'elles touchent à des domaines et des méthodes fort divers. Il reste que ses cours et ses œuvres ont exercé et continuent d'exercer une profonde influence sur certains historiens (Christian Jouhaud), historiens de l'art (Daniel Arasse), et historiens de la littérature (Hélène Merlin-Kajman).

Bibliographie

Œuvres de Louis Marin

Études critiques

Sources

  1. Source principale (site de l'Union cycliste internationale)
  2. Annuaire des anciens élèves

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