Louis Poinsot

Louis Poinsot est un mathématicien français réputé pour ses contributions à la mécanique rationnelle.



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Membre étranger de la Royal Society - Ancien élève de l'École polytechnique (France) - Mathématicien français - Membre de l'Académie des sciences (France) - Positivisme - Courant philosophique - Naissance en 1777 - Décès en 1859 - Savants de la Tour Eiffel

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Louis Poinsot
Pointsot2.jpg
Naissance 3 janvier 1777
Clermont-en-Beauvaisis (France)
Décès 5 décembre 1859
Paris (France)
Domicile Paris
Nationalité française
Champs mathématiques, mécanique analytique, mécanique céleste
Institution Bureau des longitudes, Académie des Sciences
Diplômé École polytechnique, École nationale des ponts et chaussées
Célèbre pour théorie de la toupie, théorie des couples, solides de Poinsot
Distinctions Sénateur, Pair de France

Louis Poinsot (3 janvier 1777 à Clermont-en-Beauvaisis[1] - 5 décembre 1859 à Paris) est un mathématicien français (Académie des sciences, 1813) réputé pour ses contributions à la mécanique rationnelle.

Années de formation

Fils d'un épicier de Beauvais, il fit ses classes de rhétorique au Lycée Louis-le-Grand à Paris (1789-1793). Élève brillant en littérature classique, il se présenta au premier concours d'entrée à l'École polytechnique (alors nommée École centrale des travaux publics) et malgré son ignorance de l'algèbre, fut admis (1794). Recruté à l'école d'application des Ponts & Chaussées (1797), il y obtint le prix de mécanique pour un projet de scie à recéper les pieux sous eau, inspiré d'une invention identique de Louis Alexandre de Cessart.

Premières recherches

De 1800 à 1803, Poinsot est affecté à Paris sans projet précis : le Consulat manque d'argent et l'ingénieur en chef Pierre-Simon Girard essaie à ce moment d'obtenir une décision politique pour la canalisation de l'Ourcq. Dans l'intervalle, Poinsot s'occupe à des recherches sur la résolution des équations algébriques, ainsi qu'à une mise au propre de ses notes de cours sur la statique. Le résultat de ce dernier travail est couronné de succès : les Éléments de statique (1803) sont d'emblée salués comme un ouvrage aux qualités didactiques exceptionnelles ; ils se substituent dans l'enseignement technique à la Statique de Charles Bossut et seront réédités onze fois (1811, 1821, 1824, 1830, 1834, 1837, 1842, 1848, 1861, 1873, 1877) jusqu'à ce que la discipline elle-même, devenue une simple conséquence de la Dynamique, tombe en désuétude dans l'enseignement.

Les années de succès

Définitions précises, clarté des raisonnements, réduction systématique des questions à des méthodes géométriques révèlent le style de Poinsot, qui, cette même année, renonce à la carrière d'ingénieur et est recruté comme professeur de mathématiques au lycée Bonaparte. Reconnu désormais par l'Institut, il dépose un mémoire (imprimé ensuite sous le titre de Théorie générale de l'équilibre et du mouvement des dispositifs) critiquant le principe des travaux virtuels. Ce principe, parmi d'autres envisageables, avait été choisi par Joseph-Louis Lagrange pour axiomatiser la statique dans sa Mécanique analytique (1788). Lagrange, qui était alors le doyen et l'autorité suprême de l'Institut, s'émut de la témérité du jeune auteur. Pourtant, après deux entrevues houleuses, il semble que Lagrange, à défaut d'être convaincu par les arguments de Poinsot, lui reconnut de la rigueur et du courage : il lui obtint la charge d'inspecteur des universités (1808).

Du professorat au Positivisme

À ce poste, Poinsot s'appliqua à promouvoir l'enseignement des sciences, alors presque inexistant, dans les universités et en particulier les lycées. En littérature, il recommanda aux professeurs de limiter leurs cours à un petit nombre d'œuvres choisies, en en faisant davantage ressortir la valeur exemplaire. Il encourageait spécifiquement la mémorisation des textes classiques.

Reprenant les observations d'Adrien-Marie Legendre sur les polyèdres, il décrivit deux polyèdres réguliers étoilés non toujours examinés, et montra par un argument combinatoire qu'il n'y en a pas d'autres (1809).

À la mort de Lagrange (1813), Poinsot fut élu à l'Institut dans la classe de mathématiques ; mais à la Restauration, comme d'autres dignitaires du régime impérial, il fut relégué de ses différents postes, à commencer par l'École polytechnique. Ses relations avec Siméon Denis Poisson se dégradant, l'inspection générale lui fut retirée à l'avènement de Charles X (ordonnance du 22 septembre 1824). Soupçonné de libéralisme politique, son enthousiasme pour le Système de Politique Positive d'Auguste Comte l'écarta toujours légèrement plus du pouvoir.

Travaux de mécanique rationnelle

Dans son effort pour géométriser la mécanique, Poinsot mit en évidence l'importance de la notion de moment, montrant comment diminuer à un torseur un dispositif de forces agissant sur un solide. Dans sa Théorie nouvelle de la rotation des Corps (1834), il démontre que le mouvement d'un solide se décompose en une rotation instantanée autour d'un axe et une translation instantanée parallèle à cet axe ; puis que le mouvement d'un solide autour d'un point fixe (mouvement à la Poinsot), peut être illustré par le roulement d'un cône solidaire du solide, sur un cône fixe. Son étude sur le mouvement du cône généralise celle d'Euler sur la toupie (cône en rotation autour d'un axe fixe).

Le classicisme de Poinsot l'amena à réfuter la théorie mathématique de l'élasticité alors en plein essor, car celle-ci introduisait, selon lui sans obligation, des hypothèses supplémentaires à la mécanique du point et des solides rigides. Joseph Bertrand rapporte :

Curieux de la théorie des corps solides, il la séparait entièrement de celle des corps élastiques. Ni Navier, ni Poisson, ni Cauchy, ni Lamé, pour lequel il eut toujours une si haute estime, n'ont réussi à lui faire discuter leurs principes. «Ils parlent de pressions obliques, disait-il avec répugnance, cela n'est pas pur, une pression est toujours normale», et éloignant de son esprit cette image et cette locution importune, il reposait aussitôt sa vue sur les corps abstraitement, c'est-à-dire totalement rigides, et terminés par des surfaces géométriques d'un poli tellement parfait, qu'on ne doit pas même en parler. Un poli imparfait, une surface rugueuse, qu'entendez-vous par là, je vous prie, comme géomètres ?»

Poinsot pensait qu'on pouvait mathématiser la théorie des corps déformables par des considérations de résultante et de couple entre points matériels. Ses idées influencèrent les frères Cosserat.

Retour en grâce

Après les journées de 1830, l'étau se desserre autour des tenants du Positivisme et des libéraux généralement. Élu au conseil de perfectionnement de l'École polytechnique, astronome au Bureau des longitudes en 1839, Poinsot ne retrouva le poste de Conseiller Royal pour l'Instruction Publique qu'au départ de Siméon Denis Poisson, en 1840. Critiqué par Auguste Comte pour son soutien insuffisant contre la candidature de Charles Sturm à l'École polytechnique, il dut redoubler toujours de prudence quand le père du Positivisme fut évincé de cet établissement en 1845. Soucieux de promouvoir l'enseignement des mathématiques en France, il fit ouvrir en 1846 une chaire de géométrie supérieure à la Sorbonne, confiée à Michel Chasles.

Au rétablissement de l'Empire, il fut appelé au Sénat et fait Pair de France (1852).

Écrits

Ses travaux incluent :

Hommages

Notes

  1. Selon l'éloge funèbre de J. Bertrand, et au contraire de la mention portée sur le portrait ci-contre.

Voir aussi

Références

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